Les connaissances exploitables désignent les idées et informations générées par la recherche scientifique qui créent les conditions d’un changement positif. Contrairement aux connaissances qui restent abstraites ou confinées dans les cercles académiques, les connaissances exploitables sont la traduction des données collectées en informations utilisables : informations pouvant être mobilisées dans le débat public, les campagnes de sensibilisation, la prise de décision et l’autonomisation communautaire. Sa valeur déterminante réside dans sa capacité à influencer le changement et à répondre aux besoins de la société.
Au sein de la science citoyenne (SC), les connaissances exploitables jouent un rôle particulièrement crucial. Comme l’a fait valoir Irwin (1995), une approche démocratisée de la science devrait tenir compte des préoccupations des citoyens et produire des avantages tangibles pour les collectivités, l’environnement et la société dans son ensemble. En ce sens, les connaissances exploitables garantissent que le CS ne concerne pas seulement la participation à la recherche mais aussi la production de résultats pratiques qui comptent dans des contextes réels.
L’étude des connaissances exploitables est souvent décrite comme une forme de méta-recherche, car elle examine les processus, les pratiques et les voies par lesquelles la connaissance informe l’action (Arnott et al., 2020). Cette perspective souligne que la connaissance actionnable ne se limite pas à ses effets, mais implique également de comprendre comment les systèmes de connaissances eux-mêmes peuvent agir comme moteurs de changement. Produire des connaissances exploitables nécessite de reconnaître la complexité de la création de connaissances, où la théorie et la pratique se croisent de manière dynamique et parfois contestée.
Essentiellement, les connaissances exploitables en science citoyenne comblent le fossé entre la recherche scientifique et l’application dans le monde réel, en veillant à ce que les contributions des citoyens génèrent des idées significatives, crédibles et utilisables. Il permet à la science de se traduire par des avantages pratiques, soutenant l’autonomisation, une prise de décision éclairée et le potentiel d’un changement social et structurel plus large.
Références
Irwin, A. (1995). Citizen science: A study of people, expertise and sustainable development. Routledge.
Arnott, J. C., Kirchhoff, C. J., Meyer, R. M., Meadow, A. M., & Bednarek, A. T. (2020). Sponsoring actionable science: What public science funders can do to advance sustainability and the social contract for science. Current Opinion in Environmental Sustainability, 42, 38–44. https://doi.org/10.1016/j.cosust.2019.12.004